Réconciliation nationale

Chaque jour nous entendons, nous lisons des informations qui nous viennent du monde entier. Immédiatement nous jugeons parfois nous condamnons sans vraiment prendre le temps de bien analyser le contenu de ce qui vient d'entrer dans notre cerveau. Au bout du compte il reste parfois peu de chose. Depuis quelque temps une expression semble revenir de manière insistante dans l'actualité : " réconciliation nationale"

Un homme politique français actuellement en campagne utilise cette expression pour rassembler les français. Les attentats en Algérie remettent en cause pour certains algériens la "charte pour la paix et la réconciliation nationale. Reviennent alors en mémoire des situations politiques qui ont débouché sur "Vérité et Conciliation" en Afrique du Sud, "Programme de réconciliation nationale " au Burundi Rwanda, "Réconciliation nationale" en Afghanistan ..., la liste n'est pas exhaustive loin de là.

Si ces lois sont intervenues c'est que bien souvent des êtres humains se sont affrontés et ont commis les pires atrocités.

La lecture du livre de Carlos Liscano "l'impunité des bourreaux "revient sur une loi uruguayenne dite "loi de caducité" de 1985 , ratifiée par le peuple (54%) en 1989 qui amnistiaient tous ceux qui avaient arrêté, torturé, ou fait disparaitre les opposants du régime en place. Lorsque ces lois, au nom de la concorde et de la paix retrouvée, amnistient les actes des anciens bourreaux, ne faut-il pas craindre à un moment donné de l'histoire du pays , un retour du "refoulé"?

Tableau de Robert Motherwell, "Reconciliation Elegy".
Réconciliation nationale
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# Posté le dimanche 03 juin 2007 03:53

Réconciliare : donner l'absolution.

Reconciliare : donner l'absolution ?

« La réconciliation avec nos ennemis n'est qu'un désir de rendre notre condition meilleure, une lassitude de la guerre et la crainte de quelques mauvais évènements » La Rochefoucauld

Les politiques de réconciliation menées à travers le monde ne sont pas identiques selon qu'elles privilégient le rapport réconciliation/justice ou réconciliation/impunité. Le choix opéré par le gouvernement nouvellement en place révèlera le degré de démocratisation auquel est parvenu le pays.
Le travail de réconciliation choisi par exemple en Afrique du Sud visait non seulement à ramener la paix mais aussi à rendre la justice. La commission intitulée « Vérité et Réconciliation » est parvenue à obtenir des aveux, à élucider des crimes ou des disparitions.
En Uruguay, Carlos Liscano souligne dans son ouvrage « l'impunité des bourreaux », que depuis le rétablissement de la « démocratie » en 1985, les dirigeants successifs ont demandé au peuple de tourner la page et aux familles de victimes de gérer leurs traumatismes dans la sphère privée. De plus afin de garantir l'impunité des militaires et des policiers une loi dite « loi de caducité » a été adoptée puis ratifiée par référendum en 1989.

Le procédé qui consiste à recourir au référendum pour garantir l'impunité des bourreaux n'est pas spécifique à l'Uruguay, l'Algérie a également soumis au peuple la “charte pour la paix et la réconciliation nationale ». Toutefois les attentats d'Alger montrent les limites d'une telle politique dans un contexte instable et la manifestation organisée par le gouvernement le mardi 17 avril sur le thème « contre le terrorisme et pour la réconciliation nationale » semble bien dérisoire pour ramener la sérénité au sein de la population algérienne.

Carlos Liscano : « Le venin de l'impunité s'infiltre dans tout le tissu social, dénature l'Histoire enseignée dans les écoles, encourage l'absence de mémoire. »
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# Posté le dimanche 03 juin 2007 03:54

Loi de lustration

Loi de lustration
Lustrare : purifier par un sacrifice
En refusant de signer la déclaration certifiant qu'il n'avait pas collaboré avec la police politique sous le communisme, Bronislaw Geremek a défié la politique de décommunisasion des frères Kaczynski.
Cet acte de résistance a été plutôt bien accueilli par la presse française dans la mesure où cet eurodéputé et historien polonais est un homme de qualité. Cette loi a été finalement jugée en partie inconstitutionnelle. Cette affaire a eu le mérite de revenir sur les lois prises par les anciens satellites de l'URSS pour procéder avec plus ou moins de zèle à une épuration. L'article de Georges Mink, directeur de recherche au CNRS, paru dans le journal "Le Monde" le 16 mai dernier résume bien les différentes procédures engagées. IL revient longuement sur le cas de l'ex-RDA (on pense alors au film "la vie des autres"), qui traduit l'ambiguïté des situations car plusieurs hommes politiques actuels démasqués comme collaborateurs de la police politique ont réussi à créer autour d'eux un climat de compréhension et ont été réélus.

On s'aperçoit ainsi qu'un pays échappe difficilement à son passé surtout lorsqu'il est douloureux ; les noms, les rumeurs circulent et les marchandages en tout genre ont lieu (un citoyen russe a vendu à l'ambassade d'Estonie à Moscou les dossiers de 400 agents du KGB inconnus jusque-là). Le passé communiste de ces pays travaille les sociétés qui, peut être, ont voulu rapidement s'étourdir en entrant de plain-pied dans la société de consommation. Pour preuve en Allemagne la loi permettant de consulter les archives de la STASI, édictée en 1991 et venue à échéance le 21 décembre 2006, a été prorogée de cinq ans.
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# Posté le dimanche 03 juin 2007 03:56

Rwanda la réconciliation

Rwanda la réconciliation
A la lecture de l'ouvrage de Jean Hatzfeld "la stratégie des antilopes" on découvre comment est vécue la réconciliation de l'intérieur.
Après le génocide des Tutsis par les Hutus, le Front patriotique au pouvoir ainsi que les donateurs européens et américains ont mis en place une politique de réconcilitation. Les rescapés doivent vivre avec les tueurs.
En apparence cette réconciliation est en marche car les deux communautés fréquentent les mêmes lieux de culte, assistent aux matchs de football et se rendent dans les "gaçaça".
Dans son livre l'auteur va s'entretenir aussi bien avec des Hutus que des Tutsis pour connaître leurs sentiments. D'une manière générale ils préfèrent le mot cohabitation au mot réconciliation.
Les Hutus interrogés reconnaissent qu'ils ont beaucoup à gagner dans ce processus: l'un d'entre eux affirme qu'il devait être fusillé pour ce qu'il avait commis et qu'il avait tremblé de peur dans le cachot, aussi une fois la grâce accordée il aspire à se réconcilier avec ses avoisinants. En outre ils admettent qu'ayant moins perdu ils se replacent plus vite que les rescapés.
Pour les Tutsis les choses sont plus compliquées: ils ont tout perdu pendant les tueries (famille, terre, commerce) et surtout la confiance. "La confiance a été chassée du Rwanda. Elle attendra derrière nombre de générations". Certains estiment que tant que les autorités se montrent équitables avec les deux camps, il est possible de cohabiter mais si un jour l'argent vient à manquer à cause de la sécheresse par exemple, " la peur va se représenter à la porte".
En conclusion dans un pays où plus de sept Rwandais sur dix sont Hutus, la réconciliation apparait comme une nécessité. Mais la situation est fragile parce que la politique de réconciliation a débouché sur "le partage équitable de la méfiance".
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# Posté le vendredi 21 décembre 2007 09:23

Modifié le vendredi 21 décembre 2007 10:55